Jeudi 23 mars 2017 à 23:45

Si tout cela avait été un film, si nous nous étions moins abîmés, je serais sûrement allée te voir, là-bas, sans rien te dire. Parmi les rangées, mon coeur qui soudain s'emballe. Dans cet environnement presque connu, dans ce quartier si chargé de nous, je serais venue. Il y aurait eu l'assaut des souvenirs, la curiosité et l'angoisse. Peut-être, nous nous serions retrouvés, même un peu. Peut-être, tu m'aurais seulement aperçue. Peut-être,  un entre-deux avec des connaissances communes dont je ne sais plus rien. Si tout cela avait été un film, les années n'auraient rien signifiés et cela aurait été l'occasion d'un retournement final. Nos vies auraient été vides avant. Il y aurait eu nos regards enchaînés, et peut-être tout de suite après le défilement du générique. 

Pourtant, tout est rance, au mieux, lointain. Et si abstrait. J'ai les souvenirs réécrits et parfois seulement, au gré d'une odeur, je me souviens de toi. Fatiguée, fatiguée, fatiguée, par les débris de notre histoire qui m'ont si longtemps pesés. Des blessures et une intensité vague. Dans mes rêves, tu apparais souvent, mais cela fait longtemps que ce n'est plus toi. C'est un symbole qui pourrait te ressembler, mais qui t'est étranger, au fond. Sur cette mer immense, je commence à comprendre que l'on se recroisera sûrement jamais. J'entends parfois un de tes appels lointains, dans le creux de l'aube. Mais, le sais-tu, toi aussi, que je n'existe plus ? Le sais-tu, ou bien me cherches-tu encore, parfois, dans un éclair de nuit, ou d'ivresse ? Tu parles à un miroir lumineux. Tu me parles en absence, et tu disparais aussitôt.



La musique.


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Jeudi 16 mars 2017 à 12:00

Je lui dis : « Tu le sais, non ? Que j’ai été très amoureuse de toi…». Je détourne rapidement mon regard. Il ne répond pas tout de suite, il réfléchit en silence, tournant dans sa tête les idées et les mots, comme quand il écrit à la main ses emails avant de les recopier, soigneusement. Je n’aime pas toujours ses silences. Mon esprit creuse à même l’ego et flotte dans l'air l’odeur de la panique. Mais je le comprends mieux, maintenant. Comme on surveille un feu qui pourrait s’éteindre à chaque instant, j’ai appris à anticiper nos peurs, dans ces moments là. Une succession d’espaces courts, sur un fil, et d’envolées à saisir, au bord d’un vide qui ne serait qu’une forme d’ennui, ces conversations banales où je déroule l’avancement de ma vie.

Je m’applique à tourner ma langue dans ma bouche, et j’attends. J’ajoute quand même « Enfin… c’était il y a longtemps, maintenant. ». Je souris un peu nerveusement. J’ai souvent pensé à ce moment-là. J’ai souvent pensé à cette manière de le dire, faussement détaché. Je regarde mes mains, comme pour les ralentir, les empêcher de me traduire. Je résiste à l’envie de provoquer un brusque changement de sujet, qu’il accepterait. Je suis curieuse, bien sûr.

Je l’entends chercher ses mots, s’excuser peut-être, et je l’attends. « Ce n’était pas vraiment de moi », dit-il. « Ce n’est jamais vraiment de l’autre, dont il s’agit » je réponds, très vite, trop vite. Je savais qu’il allait dire cela. La déception me mord quand même l’échine, brusquement. Je soupire. J’ai envie de partir, d’un coup. Ses yeux tournés vers moi, il sourit. Moi, j’ai toujours aimé qu’il me regarde comme ça. C’est sincère, comme une gourmandise. J’ai, à mon tour, des milliers de mots à l’assaut de mes lèvres, et je ne sais pas. Ils résonnent dans mon esprit comme autant de tons, de couleurs, de personnages. Devrais-je me déguiser ? Serait-ce alors un déguisement ? Je lui souris. Lui, je crois qu’il chérit les silences. Dans le calme qui s’apprivoise, l’ivresse des pensées, des sentiments lointains, du bonheur d’être ici et du temps parcouru. Il dit: « Tu sais à quel point je t’admire ».

J’aurais beau avoir repeint toujours les élégances de mes souvenirs, j’ai en toi quelque chose que j’aime. Le miroir est si lointain, et ces espaces immenses, que je ne sens plus grand chose au bout des doigts de ma mémoire. Des mots parfois relus et nos silences renouvelés. Le battement de mon cœur et la continuité du lien, comme ce voyage que l’on construit à même nos peaux.

Je souris, et je saisis mon verre, j’aurais envie d’être ivre, comme pour avoir les moyens de me confronter à cette curiosité-là. Je rougis comme une adolescente (oui, exactement comme avant) et un sourire. Cette chaleur au creux de moi, et puis les mots qui se pressent, les pensées éparpillées, en feu d’artifice. Je ris un peu, « je sais ». Je sais ce regard, je sais. Ses yeux sont fixés en moi comme pour me dire qu’il ne sait pas dire, qu’il faudrait écrire mais qu’il ne le veut pas.

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Lundi 6 février 2017 à 21:19

Une hésitation. Son regard se perdait dans les mouvements maladroits de ses doigts.
J'ai rêvé que tu revenais me dire qu'il fallait recommencer.
Je me souviens de ce mélange de rage et de pitié, et du grand colosse de pierre dans ces paysages fantasmagoriques.
Il y avait un paquebot fantasmé, le désert de mer et cette immense statue, au loin. Ton visage si abstrait et cette naïveté blessante. Toujours, cette impression de pouvoir.


***

Les battements de mon coeur se font parfois plus courts, quand dévalent soudain les souvenirs.

***

Dans l'apaisement d'une matinée qui se réveille, les vagues de la langueur viennent se glisser au creux de moi.



Lundi 30 janvier 2017 à 21:07

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Puis elle s'effondra. Au loin, le tumulte des présences et la peur qui grandit.  Dans cette confusion de bruits et de lumières rouges, son corps était étendu. La fraicheur du sol pénétrait lentement la peau de ses mains et des arabesques de poussières venaient s'y glisser. Elle pouvait y voir le ciel. Le ciel immense au creux de son corps, qui lui ouvrait soudain l'horizon. Les étoiles infinies défilaient devant ses yeux, comme des lucioles multicolores. Son souffle demeurait étonnamment régulier et soulevait doucement sa poitrine. Elle bougeait à peine. Il avait fallu tomber. Son corps docile et multiplié dans l'air dévorait l'angoisse. Au loin, tellement loin, une silhouette noire riait. 

Les murmures insinuant qui s'écoulaient de ses poumons venaient se briser sur le mur, blanc-sale, en face d'elle. Elle sentait le silence glisser entre ses lèvres, lentement monter aux nues et s'envoler. A la surface de ses lèvres, l'air invisible et doux d'un instant qui se déroule. Elle devinait le temps s'enfuir, et le mur se déshabiller. Pour se joindre à la danse, son cerveau à l'abandon coloriait au hasard les irrégularités de la peinture.

Au dehors, les pas réguliers sur les échafaudages gris.
 

Samedi 7 janvier 2017 à 13:58

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Ce qui est assez étonnant, c'est que je considère toujours cet espace comme étant très important. Un peu comme la plateforme, il ne s'y passe plus grand chose, comme quelque chose d'un sursis. Pourtant, c'est précieux. Malgré ce nom qui sent bon l'adolescence, malgré les articles éparses et dont le nombre ne fait que baisser d'année en année, il y reste quelque chose de moi. Il y reste ce souvenir, ou plutôt cette certitude, que j'aime écrire, que je peux écrire et autre chose que du factuel, que du scolaire, que du professionnel. Il y a cette facette de moi que j'ai appris à chérir. Je me dis que tant que tout est là, que tant que j'écris, même peu, il reste quelque chose de cette flamme et de cet enthousiasme en moi. Cela me rassure. Un refuge contre les assauts de la vie courante, contre le découragement. Un refuge de poésie, de rêves. Cette partie de moi, qui écrit et qui s'accroche, elle est un refuge et un socle. Comme chaque année, je voudrais pouvoir m'investir plus. Comme chaque année, je sais que cela sera difficile. J'ai toujours des études trèsx exigeantes, encore des concours et des contraintes. Je travaille, en plus. Comme chaque année, je tiendrai. Je prendrai le temps de venir souffler sur ce feu tremblant. Je le sais. C'est paradoxalement quelque chose dont je suis fière, d'avoir su conserver cet espace d'internet pendant plus de 10 ans (et oui!). De l'avoir toujours façonné à mon image. D'avoir su en conserver quelque chose, de ne pas avoir voulu en faire un produit plus consensuel. Finalement, comme j'ai toujours résisté à en donner l'adresse aux gens que je connaissais et comme cette plateforme n'est plus aussi active, il est devenu presque désert. Finalement, je me suis libérée, au moins pour une partie de ma vie, d'une forme un peu traitre de fausse exigence, d'une envie de reconnaissance et d'approbation. Finalement. C'est peut-être aussi ce qui rend cet espace précieux. J'ai l'impression d'y trouver mon langage.

J'ai toujours eu en coin de tête, d'ouvrir un autre blog. Selon les périodes, ces envies évoluent. Parfois, j'aurais envie d'un blog beaucoup plus classique, en parallèle. Et conserver celui-ci ainsi, presque secret, et intime. Bien sûr, parfois, cela me décourage de me dire que je publie vraiment peu. J'ai peur, insidieusement, de continuer à souffler sur ce qui n'est pas un feu mais un tas de braises déjà mortes. Dans un coin de tête, j'ai toujours la phrase de Breton que m'avait rapporté J. sur la mort de l'imagination à 20 ans et qui m'avait rendue furieuse. Fumeuse assertion déterministe, mais qui vient réveiller la peur d'être rattrapée par le temps, ou par autre chose de plus fort que soi. Les pensées qui théorisent une forme de déclin m'ont toujours mises profondément en colère. C'est plus facile, de s'abandonner à la fausse évidence que la vie porte inexorablement vers le déclin. Les années passant, on se retrouve avec ses blessures, ses névroses et il est tellement plus simple de se dire que c'est là la marque de l'altération d'une pureté primitive. Bref.

Je me projette un peu difficilement vers 2017, car il y a encore la montagne d'un concours à l'horizon. Une fois encore, j'ai l'impression de m'y lancer épuisée et j'ai bien du mal à ne pas partir perdante. Je suis fatiguée, essoufflée et j'ai toujours cette impression qu'il me manque un profond élan de volonté. Pourtant, je suis déjà sur le sentier, plus ou moins bien équipée, un peu hésitante, mais j'avance. Au loin, la montagne me paraît encore immense, mais j'ai déjà un premier col à franchir en courant et, paradoxalement, cela me motive. J'ai envie d'y arriver. Je voudrais que cette envie viennent me nourrir et vienne combattre cette fatigue qui m'habite. Peut être que ce n'est qu'une représentation illusoire et idéalisée de la motivation, ceci-dit.

Cette année 2016, malgré tout, je me suis sentie mieux. Je continue à récupérer. J'ai trouvé une forme d'équilibre plus profond grâce à mon amour. Je ressens grâce à lui une forme de paix et de sentiment qui me rassure profondément. J'ai trouvé l'énergie pour finir une année difficile et d'enchaîner sur une épreuve. J'ai voyagé. J'ai trouvé que j'étais parfaitement entourée et que cela était la plus belle chose de ma vie.

Pour 2017, avant tout j'aimerais conserver et ancrer cet équilibre. Conserver toutes ces personnes autour de moi. L'aimer lui avec encore plus de confiance. Plus pragmatiquement, j'aimerais gravir la montage entière et y planter mon drapeau (malgré la difficulté, malgré les peurs, malgré la fatigue). J'aimerais venir écrire plus souvent ici et me remettre plus régulièrement à la lecture. J'aimerais cultiver la confiance dans les choses et prendre plus de temps pour ce qui me fait du bien. J'aimerais continuer à lutter contre la peur, donc. Ou plus exactement, continuer à l'apprivoiser. Continuer à être moins jugeante dans ma manière d'appréhender les choses, que cela soit pour moi et pour les autres. J'ai fait déjà beaucoup de progrès. Peut-être aussi, arriver à canaliser ma colère et mon angoisse quant à l'avenir du monde. Plus pragmatiquement encore, j'aimerais passer moins de temps sur les réseaux sociaux.

Je vous souhaite à tout.e.s celles et ceux qui passez encore par ici, une très belle année 2017.

 

Lundi 19 septembre 2016 à 5:23


Dans le sol enfoui,

J’arrime par-dessus bord,

Des souvenirs et des louanges

Quelque chose de bien trop flou,

Dans le cœur de l’amplitude immense.

 

Et puis, ces espoirs d’une nuit qui ne finit jamais,

Protégée à l’infinie de la fatigue,

Des paupières qui ploient,

Du cerveau qui devient trop lourd.

Protégée de ces assauts de conscience.

 

Je voudrais oublier mon corps, dans la fraicheur du dehors

Qui vient me caresser les mains.

Je voudrais oublier la couleur du jour fardé et

Les bruits du monde qui se réveille

Et se rappelle à moi.

 

Le soleil se devine à travers le rose, à la fenêtre

J’aimerais m’y fondre sans dormir

Et glisser à travers Paris

Comme dans un rêve?


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Jeudi 15 septembre 2016 à 10:48

Cette pluie d’été qui d’un coup s’écoule

D’un coup

Alors que je t’attends.

Elle est enroulée dans les draps, vaillante à son sommeil, où elle lutte contre ses rêves qui la rongent.

Il faudrait continuer de se battre pour respirer plus fort. Où

Samedi 30 juillet 2016 à 22:32

Mon petit cœur palpitant, et la lumière qui coule entre mes doigts. Face à cet instant, je ne sais que pleurer. C'est l'infini qui courre le long de mes paumes pour se jeter au gouffre de mes doigts. Ma respiration est si difficile que je voudrais m'évanouir. Pourtant, au rythme de mes sanglots, il y a ce souffle saccadé qui lutte. Je tremble de nulle part et mon espoir qui luit si fort, continuant de glisser.



Lundi 4 juillet 2016 à 1:25

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Je me sens tellement divisée et j’ai cette désagréable impression de creuser mes propres sillages.

Il y a cette ampleur à venir et je ne tiens pas la vague.

Dans mon cœur, dans ma tête, dans mon corps et chaque recoin de moi,

Je sens battre et volontés.

Que quelque chose m’appelle, enfin.

Et l’illusion de la clarté.

Que quelque chose m’envahisse

Pour faire taire le gouffre en moi.

Et qu’est-ce que j’imagine ?

Qu’est-ce que je crois ?

Tous ces miroirs qui ne se réfléchissent pas, et ne font que se briser entre eux.

Ces reflets sont autant de discordes

Intérieures;

Je marcherai toujours, amarrée à l’envie de toi.

L’autre m’appelle, c’est à peine si je peux entendre

Ses quelques syllabes écrites, peut être murmurées.

Me souviendrais-je encore de sa voix ? Je l’ai aimée pourtant.

Le rythme des pas sur le pavé de toutes les villes du monde,

Elle regarde son enthousiasme battre à même l’asphalte

Je suis cette pluie qui n’en finit pas de couler

Le long de cet été si gris.

Il y a l’instance des nuages, dans cette incongrue chaleur

Que me diraient ces sons qui viennent ?

Auraient-ils enfin la force des échos qui me traversent ?

Dans un sentiment de traverse, lunatique aventures,

Il est cette attente qui se brise,

Sans même se savoir,

En éclats magnifiques.

Le sol se déroule en millions d’étoiles,

Et mes galaxies fragiles.

Je me réveille à moi-même quand ce vacarme aura cessé,

Enfin.

Quand cette énergie folle, perdue à même se battre,

Sera consolée,

Peut-être,

A l’écho d’une patience.

Aventures, aventures, à la frontière de mes paupières,

Quand mes rêves se creusent

Quand mes envolées d’angoisse

Quand la fatigue tambourine

Quand je t’embrasse.

Le long de mes cils, il y a cette distance à l’imagination, où mon esprit peut parfois s’oublier dans sa propre liberté. N’écoute pas le rythme de mes doigts qui parcourent.

Je suis nulle part, dans cette famille que je ne connais pas.

Il y a toi, cette espace-temps pourtant oublié, à l’orée de mes yeux.

Mon corps tremble,

A la musique,

Les échos du sommeil,

Et le crissement de l’enthousiasme.

Je ne veux plus être fatiguée. Je veux regarder le ciel, et toujours voyager, sans avoir besoin de partir.

Retrouver celle qui pleure encore, et celle crevée de peur,

Retrouver celle qui toujours se manger,

Les prendre dans mes bras,

Les soigner longtemps.

Dans tes bras, dans le soleil,

Dans autre chose que cet oubli malheureux,

Dans mon amour pour toi et pour tout qui se révèle.

Ce rythme-là, qui doucement s’immisce.

 Dans ce demi sommeil là, elle regarde couler le temps

Une spirale de couleurs, l’étendue de mes forces

Mon corps qui ne tient plus,

Cette nausée n’en finit jamais vraiment.

Le ciel de minuit n’en finit pas de m’avaler,

Cette hésitation constante de la nuit qui se dérobe.

Caressée par la lune, que j’imagine au dehors, je me sens protégée de ma propre vie.

Je suis ivre de ta musique au loin et de cette respiration infinie

Qui parcourent les nuages de mon être.

C’est comme une danse, c’est comme une danse.

Mon reflet qui vibre en enfin se calme

Quelque chose qui arriverait à se dissoudre,

Au-delà de sa propre conscience.

N’appelle-t-on pas ça voler ?

De toute ma force, de tout l’espoir qu’il me reste

Je m’envole.

C’est faible et c’est la nuit,

Une illusion en retour,

Je m’envole.

A peine éloignée du sol,

Impossible d’aller vite.

Je m’envole,

Et je récite en moi le nom de mes colères,

Les formules, les mots ailés et les tentatives,

Je m’envole.

Le ciel de minuit, à tout jamais me murmure, un endroit de ma présence.

 

Mercredi 29 juin 2016 à 9:35

L’espace brulant de nos espoirs. Nous marchons dans la ville infinie, où le ciel se perd dans sa propre ligne. L’air de l’été à plein poumon, je te tiens fermement du regard, alors même que mon corps virevolte, porté par un je ne sais quoi d’ivresse. L’air de l’été irrigue mon corps, l’air de l’été. Je voudrais que le temps s’étire encore et que le jour se perde en chemin, déroulant les pavés des quadrillages. A ton oreille, des questions balbutiantes et joyeuses « raconte-moi, raconte-moi ! ». Il y a ton visage qui brille et tu serres ma main plus fort. Je ris.

Allez ! N’importe quelle route, n’importe quelle joie, emportée contre nous, pour nous courir d’amour. Rien que pour nous, détachés et à l’aventure. Dans cette ville immense, le soleil se courbe en rougeurs et sa musique dévale au son de la nuit qui vient. Nous sommes seuls, au milieu des autres histoires inconnues (je les ai toutes effacées). Nous sommes seuls et je respire d’être au-delà du monde, mon esprit libéré par l’Atlantique ; quelque chose se calme enfin. Je ne marche pas vraiment droit, le long de cette anonyme avenue. C’est immense.  

Réveillée en moi, une pulsation timide et violente. Réveillée en moi, l’avalanche des mots informulés. Au fond de tes yeux, j’entends le battement régulier de ton regard, qui m’apaise. Enveloppée dans l’espace, je sens couler en moi le murmure d’un nouvel été. Presque imperceptible, quelque chose se réé-crie, indistinct et fragile. Il y a ce vent, blanc, à peine visible, qui rafraichit nos peaux brunies par le soleil, usées par la chaleur. Il y a cette ville qui résonne en silence. Et tu es là.

Dans le sentiment confus d’une confiance qui se dessine, il y a ces horizons à deviner entre ces buildings qui montent au ciel, d’où perce une lumière si douce qu’elle s’insinue dans mon cœur.

 

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