Mardi 24 février 2015 à 18:12

I raise a monument of love
There is a swarm of sound
Around our heads
And we can hear it
And we can get healed by it
It will relieve us from the pain
It will make us a part of
This universe of solutions

J'érige un monument d'amour,
Il y a un essaim de sons
Autour de nos têtes
Et nous pouvons l'entendre,
Et nous pouvons être guéri par lui,
Il nous délivrera de la douleur
Il fera de nous une partie de
Cet univers de solutions. 




Je suis toujours frappée, au plus profond de moi, par la musique de Björk et son pouvoir de poésie. Fascinée par sa capacité à charger le mot de telle sorte qu'il n'y ait plus de barrière entre signifiant et signifié.
Le mot éclate au corps de l'émotion avec une justesse folle "from the... pain". La chanson se déroule comme une histoire car chaque mot replace son émotion propre et sa signification. La musique est là pour ponctuer la voix et les sons résonnent au creux des mots. Elle a une manière d'articuler avec force, c'est-à-dire de prendre chaque mot dans sa puissance, où l'on sent un effort (au sens d'une attention, voire d'un amour) pour le sortir, il faut parler lentement et détacher les sons pour l'enrouler au sens. Le sens est au coeur de chaque souffle de parole.

Et moi, je suis là à ressentir des mots, de plus en plus nus (justement car ils ne le sont pas). 
Et je me sens tellement en phase




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Mercredi 18 février 2015 à 14:50

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Swimming in the Nene at Tansor // danielmartinadventure
 
Dans un mélange de douceur et d'impensé, il y a le surgissement de toi, 
Quelque part à la frontière du doute, tu as franchi la peau
Et dans les souffles de peur, il y avait la nuit.
La nuit qui ouvre aux instants et rassure. 

Le temps file et me couve, les mesures précipités se glissent le long de mon corps et me disent "ne t'inquiète pas". J'ai la peau tatouée de notes noires qui défilent "ne t'inquiète pas, ne t'inquiète pas, ferme les yeux et crie". 


Lundi 16 février 2015 à 12:07

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Lundi 29 décembre 2014 à 0:28

Quand j’éteins la lumière

Et que le noir me grapille

Du bout des doigts

Comme un secret

Qu’il ne faut que sentir

(…)

A l’adresse je ne sais plus,

Dans le miroir des livres renfermés,

Quand nous rencontrons-nous ?

A l’adresse, je ne puis plus,

Maintenant que des visages ont incarnés des espoirs, il est plus dur de dérouler ce que je cherche et peine à formuler.

Les hésitations se réfugient sous mes mains et le rythme de mon amour s’affole dans la cour. 

(la petite voix qui me dit : « J’ai vécu et le bonheur part en lambeaux dans les errances de ma mémoire, et mes erreurs, et ma souffrance s’inscrivent en filigranes dans les peurs qui maintenant me précèdent. »)

(…)

 

Julie, Julie, appelle-toi, même si tu ne peux te rappeler.

Le passé n’est pas que ce qui empêche, ni que le poison doux qui peins de son voile et de son inexactitude les évènements d’avant (révélant brutalement la part de vanité du présent).

(…)

Sous la pluie des saisons froides, je cherche mon chemin au fond de moi. Et la lumière qui se blottit au fond de ma main.

Dimanche 28 décembre 2014 à 22:50

http://imparfaiite.cowblog.fr/images/Nouveau/tumblrncfgv1SGGD1t1prrio1500.jpgMes paupières tremblent un peu.

Le passé m’assaille en profondeur mais sans mot. Des lignes de visages se glissent sur la vitre et un sentiment m’attire vers le fond. La nuit envahit la ville et je me sens vide. Je sens ce qui n’est plus. Je sens les souvenirs glisser entre mes doigts. Et mon esprit se cogner aux murs, sans écho. « Les rugissements de l’univers » qui sonnent à mon absence me renvoient en un instant dans l’horizon de la solitude.

Que veux-tu donc ? Dans l’agissement prenant des archanges vibrants, dans l’artistique béance des insomnies vaines, il se déroule quelque chose de moi, quelque chose.

Plutôt que d’entourer de mes doigts la noirceur de ta peau, je bois à même la torpeur l’envahissement de mon âme et les vagues ivres qui viennent manger le rebord de mes draps. J’erre et j’oublie, j’erre et je courre, traquée par mon ombre, impossible à rassurer. Le silence m’assaille et je le repousse de tout mon cœur.

Gratte au fond de mon corps, les poussières qui s’accumulent et viennent appuyer ma poitrine, je coupe le souffle aux tentatives d’ailleurs à la recherche d’une sérénité fictive.

Lundi 1er décembre 2014 à 10:33

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Au loin, les arbres sont alignés à l'infini, couronnés de lumières vides
La rue est immense et courre à l'horizon, dans un désert glacé.
J'erre dans des cimetières urbains à la recherche d'un souffle.

Elle marche dans la brume, ce sont des grains de pluie qui viennent couvrir son visage. La chaleur diffuse des grandes vitres blanches vient s’immiscer à ses pieds. Fuyant l’eau qui se glisse au fond d’elle, elle cherche un abri, où le vent ne l’attend pas. Tout d’un coup agressée par cette fine mais insistance présence, elle cherche l’immunité. D’un coup si fragile et exposée, je me mets à courir sans comprendre. Le souffle à l’intérieur de sa gorge se fait humide et son visage se perle. La foule s’éparpille et se dissimule dans les entrées cachées aux bords des rues. La foule s’enfuit du monde et son visage se trouble. Elle ralentit alors, pressée par sa propre respiration. Là foule s’étiole, et je suis là.


Dimanche 16 novembre 2014 à 20:50

Les minutes qui roulent, chérir le temps lové.
A ce moment précis, je me sens bien.

Vendredi 24 octobre 2014 à 21:16


Les détails et les volées de la vie dans ces journées là. Aujourd'hui, cela fait dix ans que mon père est mort, c'était aux alentours de midi. Aujourd'hui, nous avons tenté, mon frère et moi, de joindre ma mère à de nombreuses reprises vers midi. C'était pour tout à fait autre chose. Mais il y avait cette vague d'appels de notre part affichés sur son téléphone lorsqu'elle sortait du coiffeur, aux alentours de midi.

Comme je l'avais senti au fond de moi, ma mère et mon frère ont plus "ressenti" cet anniversaire. Mon frère m'a appelé le matin, alors que je me réveillais - j'avais pris sans vraiment y penser un jour de congé. Il m'appelait pour me dire qu'on lui avait volé son portefeuille. Je lui ai dit de venir chez moi après son cours et que je l'aiderai à m'occuper de tout cela. Je l'ai attendu à midi avec des pancakes tout chaud, je l'ai aidé à commencer les démarches. On s'est retrouvé à passer l'après-midi ensemble, une délicieuse après-midi malgré le passage obligé au commissariat. J'étais assise à côté de lui pendant qu'il portait sa plainte. Il était un peu mal à l'aise et je me rendais compte à quel point il restait encore un petit enfant, parfois. La femme se tournait vers moi quand mon frère s'embrouillait ("Porte de Clignancourt, c'est quel arrondissement?"). Nous avons marchés dans Paris, nous avons beaucoup parlés. Alors qu'il partait, je lui ai dit presque avec entrain "et puis, un joyeux 24 octobre !". Il s'est retourné: "Ca va aller, la journée est déjà passée plus de moitié". La journée était donc lourde à couler, me disait-il.

J'ai eu Maman au téléphone et elle avait une petite voix. Elle avait enchainé les maladresses et les bêtises toute la journée. Je la sentais lasse. "Quelle journée de merde, vivement que ça se finisse". La journée était trainante et lourde, aussi. Amélie, la marraine de mon frère avait proposé de passer la soirée avec elle. Elle avait été beaucoup là ce jour il y a 10 ans et les jours qui suivirent.

Je me retrouvais dans une position un peu similaire à ce jour là, après le pur choc. A m'occuper de Vivien et de Maman, par ce que cela me faisait un peu de bien. Les mots de mon frère sur cette mort et ce jour ne sont pas les mêmes, bien qu'ils disent beaucoup en commun avec les miens (même si les miens, justement j'ai du mal à les cerner vraiment).

J'ai toujours peur de me plonger trop dans ce qui me semble toujours être un abîme. Cette douleur et ce manque, la brisure de l'injustice, de l'absence, les contours du vide. J'ai peur quand je lâche quelque chose au fond du puit et que j'entends ces bruits sourds qui résonnent et reviennent à moi. J'ai peur des larmes, il n'y a pas de demi mesure entre le rien et le torrent qui me broie la poitrine... Je ne sais pas. Je ne sais pas s'il faudrait persister un moment dans l'exploration de ce vide, des regrets et des douleurs qu'il accumule. Les pics vifs lorsque surgit l'évidence impossible, "merde si seulement il était là!" et surtout "mais... il aurait pu être là". Si ce jour là, si juste ces quelques minutes, secondes, si cet instant avait été différent... il aurait été là. L'absence est forte de sa dérision. Il demeure quelque chose d'inacceptable et qui ne sera jamais accepté. Il ne s'agit pas de l'accepter. La rivière contournera toujours de son flux essentielle la montagne qui s'est brisée sur elle, elle ne l'oubliera pas. Peu à peu, l'eau empêchée se trouvera plus forte et tirera de la masse qui fait maintenant partie d'elle une couleur unique.

A force de miroirs, je me laisse à penser sur ce que signifie cet anniversaire. Les messages disséminés par ce jour. L'amour profond et signifié que j'ai pour mon frère et ma mère, la place que cette amputation a chez nous, son rôle et son empreinte sur ce que nous sommes. Il y a quelque chose d'une force qui est ressorti à la mesure de ce sang intérieur répandu dans tout notre être où quelque chose a été arraché, définitivement arraché. Le deuil n'est pas l'oubli, il est au mieux l'acceptation d'oublis de mémoire mais surtout l'acceptation et le travail d'une habitude. L'être demeure arraché, on apprend à vivre avec. Et l'abîme qui se tient là demeure.

L'amour. Force terrible et évidente qui appelle la présence.
L'amour. Renforcée et chérie, investie de l'appel au présent.
Je t'aime Papa
Je t'aime Maman, je t'aime Vivien.

Aux alentours de midi, le dimanche 24 octobre 2004.

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Vendredi 19 septembre 2014 à 11:35


(Un peu de douceur)
Il me faut prendre le temps pour rassembler ce que je suis, recoller les morceaux et constater les errances. Je devrais me poser pour réfléchir à ce qui me plait et que j'aime faire vraiment, les choses qui m'épanouissent et prendre des résolutions. Je suis contrainte par le fait que je ne sais pas où sera mon prochain stage en début d'année prochaine. Mais déjà, si je pouvais me souvenir de ce j'aime faire, de ce qui me plait et d'un peu de ce que je suis. Ca serait bien, j'ai du mal. Cette impression persistante de s'être perdue en route. "[elle] est incapable de nommer le moindre de ses désirs."

Mercredi 17 septembre 2014 à 12:39

J'ai mal aux yeux. Je ne me suis pas démaquillée hier et je n'ai pas arrêté de pleurer de la journée. Je pleurais pour tout, pour rien. Je pleurais de rage, de tristesse, d'émotions et à un moment, j'ai presque pleuré de joie. J'ai du mascara dans l'oeil et les yeux un peu bouffi. Je suis aussi un peu fatiguée. J'aurais aimé pouvoir passer toute la soirée à regarder ma série. J'aurais voulu me couver dans la nuit, me laisser grignoter par la nuit et sa fraicheur, et continuer à regarder, me plonger dans les mots et les écrire, détricoter la pelote et me laisser nager. J'ai encore pleuré par ce que les choses étaient bien peintes et cela m'a fait du bien. J'aimerais avoir le temps pour le faire. J'aimerais avoir le temps. Ce soir-là, hier, j'ai reçu un mail de J. tellement doux. J'ai encore pleuré. J'étais contente. Je voudrais vaincre le vide, avoir le temps pour ça. Maintenant que j'ai tourné la page pour G. je dois appréhender le vide, cesser une facilité (alors même qu'il me renvoie des perches, mais je m'en fous). Je me suis isolée très fortement, à moi de comprendre pourquoi alors même je sens bouffée par ce sentiment de solitude. Comprendre. Et se forcer à se regarder dans le miroir ? Je suis si fatiguée.

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