Samedi 30 juillet 2016 à 22:32

Mon petit cœur palpitant, et la lumière qui coule entre mes doigts. Face à cet instant, je ne sais que pleurer. C'est l'infini qui courre le long de mes paumes pour se jeter au gouffre de mes doigts. Ma respiration est si difficile que je voudrais m'évanouir. Pourtant, au rythme de mes sanglots, il y a ce souffle saccadé qui lutte. Je tremble de nulle part et mon espoir qui luit si fort, continuant de glisser.



Lundi 4 juillet 2016 à 1:25

https://s-media-cache-ak0.pinimg.com/564x/f8/1e/51/f81e51e2e7a4a9ceae66c7aa8ec53ccc.jpg

Je me sens tellement divisée et j’ai cette désagréable impression de creuser mes propres sillages.

Il y a cette ampleur à venir et je ne tiens pas la vague.

Dans mon cœur, dans ma tête, dans mon corps et chaque recoin de moi,

Je sens battre et volontés.

Que quelque chose m’appelle, enfin.

Et l’illusion de la clarté.

Que quelque chose m’envahisse

Pour faire taire le gouffre en moi.

Et qu’est-ce que j’imagine ?

Qu’est-ce que je crois ?

Tous ces miroirs qui ne se réfléchissent pas, et ne font que se briser entre eux.

Ces reflets sont autant de discordes

Intérieures;

Je marcherai toujours, amarrée à l’envie de toi.

L’autre m’appelle, c’est à peine si je peux entendre

Ses quelques syllabes écrites, peut être murmurées.

Me souviendrais-je encore de sa voix ? Je l’ai aimée pourtant.

Le rythme des pas sur le pavé de toutes les villes du monde,

Elle regarde son enthousiasme battre à même l’asphalte

Je suis cette pluie qui n’en finit pas de couler

Le long de cet été si gris.

Il y a l’instance des nuages, dans cette incongrue chaleur

Que me diraient ces sons qui viennent ?

Auraient-ils enfin la force des échos qui me traversent ?

Dans un sentiment de traverse, lunatique aventures,

Il est cette attente qui se brise,

Sans même se savoir,

En éclats magnifiques.

Le sol se déroule en millions d’étoiles,

Et mes galaxies fragiles.

Je me réveille à moi-même quand ce vacarme aura cessé,

Enfin.

Quand cette énergie folle, perdue à même se battre,

Sera consolée,

Peut-être,

A l’écho d’une patience.

Aventures, aventures, à la frontière de mes paupières,

Quand mes rêves se creusent

Quand mes envolées d’angoisse

Quand la fatigue tambourine

Quand je t’embrasse.

Le long de mes cils, il y a cette distance à l’imagination, où mon esprit peut parfois s’oublier dans sa propre liberté. N’écoute pas le rythme de mes doigts qui parcourent.

Je suis nulle part, dans cette famille que je ne connais pas.

Il y a toi, cette espace-temps pourtant oublié, à l’orée de mes yeux.

Mon corps tremble,

A la musique,

Les échos du sommeil,

Et le crissement de l’enthousiasme.

Je ne veux plus être fatiguée. Je veux regarder le ciel, et toujours voyager, sans avoir besoin de partir.

Retrouver celle qui pleure encore, et celle crevée de peur,

Retrouver celle qui toujours se manger,

Les prendre dans mes bras,

Les soigner longtemps.

Dans tes bras, dans le soleil,

Dans autre chose que cet oubli malheureux,

Dans mon amour pour toi et pour tout qui se révèle.

Ce rythme-là, qui doucement s’immisce.

 Dans ce demi sommeil là, elle regarde couler le temps

Une spirale de couleurs, l’étendue de mes forces

Mon corps qui ne tient plus,

Cette nausée n’en finit jamais vraiment.

Le ciel de minuit n’en finit pas de m’avaler,

Cette hésitation constante de la nuit qui se dérobe.

Caressée par la lune, que j’imagine au dehors, je me sens protégée de ma propre vie.

Je suis ivre de ta musique au loin et de cette respiration infinie

Qui parcourent les nuages de mon être.

C’est comme une danse, c’est comme une danse.

Mon reflet qui vibre en enfin se calme

Quelque chose qui arriverait à se dissoudre,

Au-delà de sa propre conscience.

N’appelle-t-on pas ça voler ?

De toute ma force, de tout l’espoir qu’il me reste

Je m’envole.

C’est faible et c’est la nuit,

Une illusion en retour,

Je m’envole.

A peine éloignée du sol,

Impossible d’aller vite.

Je m’envole,

Et je récite en moi le nom de mes colères,

Les formules, les mots ailés et les tentatives,

Je m’envole.

Le ciel de minuit, à tout jamais me murmure, un endroit de ma présence.

 

Mercredi 29 juin 2016 à 9:35

L’espace brulant de nos espoirs. Nous marchons dans la ville infinie, où le ciel se perd dans sa propre ligne. L’air de l’été à plein poumon, je te tiens fermement du regard, alors même que mon corps virevolte, porté par un je ne sais quoi d’ivresse. L’air de l’été irrigue mon corps, l’air de l’été. Je voudrais que le temps s’étire encore et que le jour se perde en chemin, déroulant les pavés des quadrillages. A ton oreille, des questions balbutiantes et joyeuses « raconte-moi, raconte-moi ! ». Il y a ton visage qui brille et tu serres ma main plus fort. Je ris.

Allez ! N’importe quelle route, n’importe quelle joie, emportée contre nous, pour nous courir d’amour. Rien que pour nous, détachés et à l’aventure. Dans cette ville immense, le soleil se courbe en rougeurs et sa musique dévale au son de la nuit qui vient. Nous sommes seuls, au milieu des autres histoires inconnues (je les ai toutes effacées). Nous sommes seuls et je respire d’être au-delà du monde, mon esprit libéré par l’Atlantique ; quelque chose se calme enfin. Je ne marche pas vraiment droit, le long de cette anonyme avenue. C’est immense.  

Réveillée en moi, une pulsation timide et violente. Réveillée en moi, l’avalanche des mots informulés. Au fond de tes yeux, j’entends le battement régulier de ton regard, qui m’apaise. Enveloppée dans l’espace, je sens couler en moi le murmure d’un nouvel été. Presque imperceptible, quelque chose se réé-crie, indistinct et fragile. Il y a ce vent, blanc, à peine visible, qui rafraichit nos peaux brunies par le soleil, usées par la chaleur. Il y a cette ville qui résonne en silence. Et tu es là.

Dans le sentiment confus d’une confiance qui se dessine, il y a ces horizons à deviner entre ces buildings qui montent au ciel, d’où perce une lumière si douce qu’elle s’insinue dans mon cœur.

 

https://s-media-cache-ak0.pinimg.com/564x/6a/4a/15/6a4a15206a7e9bcb09f77f3ee6b2a6db.jpg

Mardi 14 juin 2016 à 20:40

https://s-media-cache-ak0.pinimg.com/564x/42/ef/03/42ef03e60ddba76fb29419cb4cf78ce9.jpg De quelle couleur suis-je, au juste ?

Le bruit de la pluie, soudain, se met à tomber.
Et dans un bruissement lourd, les nuages se
Déversent.
A l'infini, A l'unisson,
Comme une peinture maladroite.

J'aurais tant divisé mon coeur dans cette multitude
A l'écho de cette eau, perlée.
J'aurais tant heurté contre cette violence que je m'inflige
Et dont je ne sors pas.
Et dont je ne suis pas.

Dans les reflets de mes pensées, je cherche des aurores,
Ou même des illusions; pour respirer enfin.
Un instant suspendu, qui ne tiendrait pas seulement
Par sa seule vitesse.
L'espoir, peut-être,
Et un miroir doux.


***

Il me paraît encore proche, ce passé, car il est clair à mon esprit.
Je me souviens des inflexions de cette musique, et de ce que je savais de moi.

Mercredi 8 juin 2016 à 18:26

Je lui ai dit : je voudrais retrouver l'odeur de l'été. Ou plus justement: je voudrais la repeindre, la reprendre au temps, à ces souvenirs là.
On a fait ce pari là, hein ?

Lundi 23 mai 2016 à 16:37

http://imparfaiite.cowblog.fr/images/Utilise/6845b5cf1af85c4f720112aebdbe3886.jpg

Ce sont des couteux bien aiguisés que je m’enfonce sans trembler dans le ventre. J’ai l’esprit qui roule dans tous les sens, qui se cogne contre les pans de mur, de mots. Les émotions en panique, les liens absurdes et l’angoisse qui gronde. Je marche dans la rue, mes yeux me semblent étrangement tendus et lourds. Ce qui m’entoure me paraît grossièrement découpé et trébuche dans de bizarres appels au sens. Mes larmes à l’intérieur. Je voudrais parler à voix haute pour faire couler ce flux maladif coincé dans ma tête. Mes lèvres forment des mots absents mais je vais trop vite. J’ai l’impression de tout mélanger, et de tout fuir. Mon esprit se rétracte

Un refus. Devant l’obstacle, le cheval, pourtant si entrainé, malgré la pression des cuisses sur son ventre immense. Le cheval a baissé la tête et n’a pas sauté, il ralentit et s’avance en trottinant vers les barres alignées. L’angoisse soudaine, au-dessus de lui, vient-elle couler dans son corps ? La raideur passagère des jambes qui l'entourent, les mots à peine formulés « eh bien ? Qu’est ce qui ne va pas ? ».

Mon corps amarré pleure soudain, et tremble si fort. Un refus. Je voudrais pouvoir noyer mes mots à travers d’autres mots, à travers l’illusion d’une volonté plus forte. Je voudrais me faire taire.

Un refus. J’ai honte. J’ai peur de rentrer à l’appartement. Je m’enferme dans la bibliothèque blanche, qui se remplit tout au long de la journée. Cela me fait frémir. J’ai envie de plonger dans les rainures d’un livre et d’oublier longtemps la couleur de mes jours.

C’est une violence absurde et la fatigue, peut-être, c’est un amas de jugements-poignards qui se trament sous ma peau.


Lundi 16 mai 2016 à 13:12

http://imparfaiite.cowblog.fr/images/Utilise/20160516130904585452117.jpg
 Je pourrais divaguer longtemps sur la lueur des choses passées et sur la puissance sourde des souvenirs, où se dressent comme des amarres les traces de nos sens et les mots déjà dits. Toute entière habitée de ces tonalités vagues, toute entière je rejoue les partitions que je n’oublie pas. Avalée et redite, contractée et envahie. La clarté à découvrir, au creux de ce qui se joue, au fond de moi.

***
 

J’ai la bouche fermée à mes lèvres, elle souffle doucement. Le jour est déjà loin, pourtant la nuit s’absente. Je ne suis qu’à ses yeux et leur aube palpitante. Sa main qui trace des contours invisibles sur la table en bois vieilli se courbe doucement. Le silence est si présent et si important qu’il m’obsède, mon esprit, au secours de ma voix, se distrait, regarde ses mains, ses yeux, imagine des conversations muettes et voudrait ne rien briser. Mon esprit veille, suspendu. Je pense à toute allure, morceaux d’équilibristes virtuoses et inutiles, c’est ainsi que j’attends. Ses lèvres entrouvertes « hum, je ne sais pas… ». Quatre cent fois je me retiens de compléter, de tenter de la délier en jetant au hasard de mon imagination et de mon amour, mille perches, mille débuts, mille formulations-tremplins, comme quand il s’agit de consoler, ou de continuer à ouvrir ce qui s’est laissé deviner. Mais je perdrais trop. Il faudrait pourtant calmer mon regard, troublé par l’agitation hasardeuse de mon esprit qui peine tant à se taire. Ne pas la fixer, ne pas regarder trop au loin. Le menton glissé au creux de ma main, je m’entraine à des nuances imperceptibles de sourires, ridicule, en imaginant les inflexions de ses lèvres. Dans ce café par ailleurs presque vide, on vient acheter des cigarettes. Un défilé irrégulier de noms communs et de costumes sombres. La porte qui s’ouvre rafraichît l’atmosphère. Sa voix. D’un coup, sa voix timide, qui vient se dérouler longtemps. Un bonheur qui me parcoure le cœur et les tressaillements de ma joie. Je l’écoute, la nuit glissant son chemin. Elle dit.  

Samedi 14 mai 2016 à 23:48

https://s-media-cache-ak0.pinimg.com/564x/ef/7a/a2/ef7aa29708ad1b0bd96ea735791f28ab.jpg

Un jour, j'écrirai un poème,
Avec toutes les voix que mon esprit butine,
En défaisant doucement cette immense clameur,
En émergeant longtemps de la lenteur de mes pas.

J'arracherai bien sûr les mots à leurs visages,
Pour entretenir beaucoup les ports de l'aventure
Et pour voler plus haut au coeur des precipices
Pour voler !

J'aimerais que cela soit beau, ou bien peut être pas.
J'aimerais que l'on puisse le chanter
Comme on crie,
Comme on crie,
Avec la raideur douce des mots qui passent les lèvres
Et plongent dans le gouffre clair du monde qui s'ignore.

Quelque chose comme ça,
Un poème.

Dimanche 1er mai 2016 à 14:53

Le soleil luit au dehors mais mon intérieur est si râpeux, ma tête boursouflée d'éclats de rage et lancinances.
Agressée par le moindre son, je me sens dévorée et peu à peu devenir liquide.
Impuissante devant mon propre rejet au monde, ma mauvaise humeur se nourrit d'elle même.
Je voudrais retrouver une grotte silencieuse et douce,
Les pas rageurs du voisin du dessus résonnent sur mes tempes,
Les basses trop fortes de la télévision, en dessous, me donnent la nausée,
Mon frère grommèle et l’ordinateur ne cesse de faire du bruit.
Je voudrais,
Faire entrer de l’air dans mon esprit.

Mardi 1er mars 2016 à 13:08

https://s-media-cache-ak0.pinimg.com/564x/89/91/28/899128186716ee675604231b67322962.jpgParis 1960s Photo: Johan van der Keuken

 

Dans la force d'une émotion, quelque chose d'un trop, comme la tentation d'un abîme, qui se cacherait à chaque coin de soi.

D'un coup, nous sommes ramenés à nous, à travers la reviviscence brutale et intense d'une émotion passée. Le sentiment y est entier, placé dans l'étui pourtant lointain de la personne que nous étions alors. Puis, vivace, émerge la douleur d'un arrachement puisque le bonheur y est tout de suite à nouveau lointain et immédiatement terni par les souvenirs que la marée amène avec lui. Demeure pourtant la certitude d'avoir été heureuse. Je sens mon cœur qui se contracte, pendant que la voix dans mes oreilles murmure au revoir, inlassablement. Demeure l'émotion intacte de l'excitation puissante et sans peur d'il y a des années, pourtant contenue dans ce chant qui ne fait que répéter "sayonara". Comme si, au commencement même de ce bonheur là, était caché le chant nostalgique de sa fin, où je me trouve maintenant. Je sens cette partie de moi soudain réveillée s'éloigner à nouveau. Je n'ai pas envie de la retenir. Le bruit du métro reprend ses droits. Et je m'arrête lentement pour laisser défiler les lignes de voitures noires. La bruine, la nuit, ce quartier de Paris où habite mon amour. Tout cela renaît à moi sous une nouvelle couleur et la musique passe, changée elle aussi. 

Paris devient une fresque inachevée où viennent se peindre mes émotions à même la pierre, à même le ciel, à même les rues, où la vie s'y déroule en surprises. J'habite désormais Paris, c'est-à-dire que la ville abrite désormais, en silence, des espaces de moi. Je suis dispersée dans Paris, comme autant de recueils d'enthousiasme, de désespoir et de nostalgie parsemés. Je me rencontre parfois, au détour d'un faux-hasard. Un ancien visage, une émotion enfouie, ou bien est ce la sensation diffuse qu'apporte un endroit connu. "On oublie jamais les gens que l'on a rencontré, on a parfois du mal à s'en souvenir".

Paris devient cet album éparpillé, si immense et diffus, où je vois parfois éclore des instants de ce que je fus, perdus en moi.
 

<< Présent | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | Passé >>

Créer un podcast