Mercredi 17 septembre 2014 à 12:39

J'ai mal aux yeux. Je ne me suis pas démaquillée hier et je n'ai pas arrêté de pleurer de la journée. Je pleurais pour tout, pour rien. Je pleurais de rage, de tristesse, d'émotions et à un moment, j'ai presque pleuré de joie. J'ai du mascara dans l'oeil et les yeux un peu bouffi. Je suis aussi un peu fatiguée. J'aurais aimé pouvoir passer toute la soirée à regarder ma série. J'aurais voulu me couver dans la nuit, me laisser grignoter par la nuit et sa fraicheur, et continuer à regarder, me plonger dans les mots et les écrire, détricoter la pelote et me laisser nager. J'ai encore pleuré par ce que les choses étaient bien peintes et cela m'a fait du bien. J'aimerais avoir le temps pour le faire. J'aimerais avoir le temps. Ce soir-là, hier, j'ai reçu un mail de J. tellement doux. J'ai encore pleuré. J'étais contente. Je voudrais vaincre le vide, avoir le temps pour ça. Maintenant que j'ai tourné la page pour G. je dois appréhender le vide, cesser une facilité (alors même qu'il me renvoie des perches, mais je m'en fous). Je me suis isolée très fortement, à moi de comprendre pourquoi alors même je sens bouffée par ce sentiment de solitude. Comprendre. Et se forcer à se regarder dans le miroir ? Je suis si fatiguée.

Dimanche 7 septembre 2014 à 20:23

"Comment ne pas être touché par ta personne ?" (une amie)

Mercredi 27 août 2014 à 17:08

Quand mon état d'esprit est flou ou que j'en ai peur, j'ai du mal à le formuler "je me sens... je suis ..." les mots peinent à traverser. Puis, d'un coup je me formule la chose. Et la phrase se répète dans mon esprit pour faire résonner son adéquation, elle revient et revient.

*

J'aime chanter. Les villes sont des espaces qui traquent le silence. Mais j'aime chanter dans la rue, aller habiter les murs, les rues vides. Et des phrases se rencontrent, au hasard, et se laissent modeler.

He didn't want to scream around (you)
Il ne voulait pas crier autour de toi (aux alentours), encore un détour pour arriver à toi

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Dimanche 3 août 2014 à 0:02

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Le son est saturé, mes doigts se plaquent et se crispent. Envole-toi, envole-toi? Malgré la lourdeur expressive, je les sens reprendre surface et couler sur le blanc du clavier, et je les sens aller comme une rivière. Je rêve toujours que je joue les morceaux que mes oreilles écoutent, plus ou moins consciemment, plus ou moins fort. Je rêve que je joue, comme pour matérialiser l'énergie qui se glisse dans mon corps, les sons que coulent et rebondissent au fond de moi.

***

La dépression a agit sur moi comme une force annihilante, prenant possession, peu à peu de tout mon être, pour le plonger dans une léthargie profonde. Il s'agissait alors de résister aux assauts répétés de cette masse informe de tristesse. Et à chaque bataille perdue - elles l'étaient toutes, de ce que je me souviens - se voir perdre du terrain et descendre d'un étage. Il m'a fallu alors beaucoup de temps pour comprendre que je ne bataillais pas contre un simple faiblesse mais contre quelque chose qui me mangeait, quelque chose de plus gros que moi. Chasser le "c'est un peu difficile en ce moment, mais ça va, je ne me laisse pas abattre". Peu à peu, se relever devient plus dur et la rage rugit devant l'impuissance, devant tant d'efforts dispensés mais vains alors que l'énergie se fait rare. Et il était impossible de fuir le champ de bataille. Et il était impossible de fuir. On en pouvait qu'attendre, paralysée par la fatigue profonde, les angoisses. On ne pouvait qu'attendre, attendre que le temps passe, ou trouver un échappatoire le temps de quelques heures. Retrouver un peu de bonheur, mais le retour au noir était alors si douloureux. Que fallait-il choisir ? L'oubli et l'attente neutre ou les contrastes douloureux ? En même temps, dans ces instants, j'étais rassurée de me rendre compte de ma capacité à ressentir. Je n'avais pas tout perdu, tout n'était pas perdu, altéré. J'aurais tellement aimé pouvoir hurler, pleurer de désespoir. Je n'étais qu'une attente, une fatigue, et une langueur de plus en plus pesante. Les choses se ternissaient autour de moi. J'essayais de contenir les assauts de noirceurs qui m'assaillaient. Oui, "j'ai pas le temps là, j'ai pas le temps, je peux pas, j'ai pas les armes". Quand la boîte de Pandore finissait pas craquer et s'entrouvrir, je devenais terrifiante de douleur, de noir et de pleurs. J'essayais de tout refermer très vite. Dès fois, il y a eu A. qui me prenait dans ses bras et essayait de me calmer, de répondre à mes questions pressantes, à la marée de mes angoisses. A. vivait un peu la même chose et elle était dans les mêmes gammes d'intensités. Alors quand A. était là, je savais qu'elle avait les épaules, que je ne lui ferai pas (trop) peur. J'essaie de rassembler mes souvenirs, mais tout est brouillé quand j'essaie d'assumer cet angle de vue. Quand je n'extraie pas les moments de vie mais que je tente de voir les élans sous-jacent, la tristesse toujours refoulée, la perte de soi, l'absence à soi qui envahit.

Je voulais retrouver ces souvenirs. J'y peine encore un peu. Je voulais car je réfléchissais à savoir à quel point j'étais effectivement arrivée à m'extraire de tout cela. Je me rends compte qu'il m'a déjà fallu une année scolaire pour me défaire de la peur, me dire que j'étais sortie du lieu (physiquement et matériellement parlant) de la bataille, que je n'étais plus là, que c'était différent. J'ai pris beaucoup de temps à me remettre physiquement de tout cela. J'ai beaucoup dormi, avec un sommeil très troublé, traumatisant et lourd. Et là, à la lueur d'un nouveau réveil froissé - même s'ils se font de plus en plus rare - je pensais au fait que je reste dans une sorte de léthargie. Une léthargie protectrice cette fois. Inconsciemment, je m'isole des choses et des gens, comme si cela pouvait me faire mal. Cela me rappelle mes double sommeil douloureux. Je me réveille, mais en fait je dors encore et je rêve que mon esprit est coincé dans mon corps. Mon corps dort et j'attends la sonnerie du réveil pour qu'il réagisse. mon esprit se débat pour réveiller mon corps avant, il panique à l'idée de se retrouver coincé. Finalement, je me réveille vraiment et la frontière entre rêve et réalité se sont brouillées. Je ne suis plus dans la tristesse à fleur de vie, je ne suis plus dans cette langueur innommable, cette attente de délivrance, cette répulsion constante de tous les assauts de ma douleur mais je ne suis pas pour autant sure d'être réveillée. Je suis à fuir - inconsciemment - toute sorte d'attache. Au début de l'année, je faisais un blocage violent pour tout ce qui était prévu régulièrement. Je détestais l'idée de remplir mon empli du temps avec des choses hebdomadaires. Je me sentais tout de suite mal, le spectre d'une nouvelle prison. Il me fallait du temps, de la liberté, ne serait-ce que sur le papier. Les premières semaines avec beaucoup de travail m'angoissaient. Pas que le travail en soi me dérangeaient mais l'idée que je n'aurais peut être plus de temps me faisait très peur. Alors je dégageais du temps, encore du temps, pour ne rien faire. Organiser des sorties, oui mais pas trop, il me fallait mes plages blanches. L'idée de limite a priori m'a toujours froissé et là le sentiment s'est terriblement accru. Pas plus tard qu'aujourd'hui, j'ai encore eu ce sentiment en regardant - alors qu'elles viennent juste de commencer - quand terminaient mes vacances. L'idée d'un horizon fixe me fait mal.

Je me rends compte que d'une certaine manière je me suis encore assez isolée, d'une autre manière. Dans une optique protectrice cette fois. J'ai quand même beaucoup de choses, j'ai passé beaucoup de temps avec mes amis mais au fond, je me demande si je n'ai pas encore peur. Peur de la vie, par ce qu'elle pourrait rouvrir la boîte de Pandore, par ce que ça sera peut être quelqu'un, par ce que je ne me maîtrise plus et je sors de tout cela totalement floue à moi-même. La dépression a fait sur moi l'effet d'une léthargie, dont je ne suis pas encore réveillée. Chaque espace de soi est à reconquérir, à réveiller, à rassurer. J'ai peut être juste, inconsciemment, peur de ce que je peux y retrouver.

Mais je commence en essayant d'aller à la rencontre de mes souvenirs de l'année dernière.
Et à continuer à retrouver la parole.

(Mon envie irrépressible de voyage: la recherche d'un terrain neutre et isolé pour refaire l'expérience de soi en "sécurité" ?)
 

Vendredi 25 juillet 2014 à 23:30

"Les étoiles, murmura-t-elle, les étoiles ! Elles tombent, regarde !" Que disait-elle ? Au loin le ciel était noir, perpétuellement noir. Dans la nuit, seul le bruit de la vi(ll)e et celui du vent se faisaient entendre. Elle restait assiste, prise d'enthousiasme: "Les étoiles, elles tombent et viennent s'enrouler dans le vent ! Je les vois !"

Vendredi 18 juillet 2014 à 16:39

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L'année tout doucement s'est décantée, variations de perspective.
J'ai regardé l'année dernière et ses déchirures. Je me suis souvenue de cet été là,
a bout de souffle, à bout d'énergie, à bout de tout
Je me suis souvenue de l'angoisse et de mon esprit écrasé
Du temps qui s'étire et vient murmurer à l'agonie
Des poussées d’adrénalines salvatrices
Je me souviens de l'ennui et de la peur qui coule
L'année doucement a avancé, et j'apprends à recoller mes morceaux
Au long des lignes claires
La mélodie qui dort, s'éveille parfois
Dans l'obscurité lourde des appels profonds
Dans le retour au calme, il faut retrouver le soleil.


Vendredi 18 juillet 2014 à 16:13

Quand je sentirai l'air à nouveau envahir mes poumons,
Quand tu seras à nouveau à la portée de mes yeux

Dimanche 13 juillet 2014 à 13:51

Brouillonnée de l'intérieur, vidée et errante.

Samedi 12 juillet 2014 à 3:16

La fatigue me coule des yeux, et les palpitations de vie m'échappent au fil de l'eau.  Je m'envole dans la rue vide, ivre et belle dans un océan d'espoir. Qu'auraient voulu ceux dont l'instance n'est guère qu'une contrainte ? Je déclare la sentence levée et les envolées lyriques. Avoisinant l'espace, mon corps chancèle d'insouciance, la puissance pénètre mon être. J'y crois. Epiquement votre, je plongerai au coeur de mes pensées pour y extrait le jus, l'essence et les fruits.

Mon habitation au coeur bringuebalant, fragile et soourd continue sa route et sa rencontre aux ardeurs.

Vois-tu la force de mon être ? Cette puissance qui jamais ne faiblit? L'instinct du combat et les codes de protection ? Vois-tu que je demeure dans les pans entiers qui m'unissent au monde ? Je regarde les horizons en recherchant la subtance qui les lient.

Mercredi 9 juillet 2014 à 15:35



Sous la pluie, Paris, je ramasse encore les fils mouillés sur le trottoir.
Je suis seule et je marche à l'horizon des rues qui se vident.
Articulant l'espoir aux silhouettes des automnes à venir,
J'ai toujours envie de chanter dans les rues presque désertes
Comme pour accompagner la pluie qui perle le long de mes cheveux

Sous la pluie, Paris, je reprends doucement racine
En apprivoisant la peur du tord,
De l'autre
Et de moi.
Les allées à symbole m'entourent de leur grandiloquence bienveillante.
Dans l'immensité grise, il y a encore tout à faire fleurir
Mais je me sens prudente et je cherche la douceur de la pluie,
La douceur de l'eau, qui vient d'au-delà du corps.

*

Le bruit du temps comme un murmure saturé
La cadence des pluies aux corps animés
La violence et la densité des chutes
Se jettent à même l'espace
Dans une douce
Folie.

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