Dimanche 9 juillet 2017 à 16:44


J'ai envie que tu m'embrasses. A l'autre bout de la pièce, oui. Il me manque le goût de cette humidité là, dans sa noirceur et sa nudité. Tu me paraît loin, à quelques mètres de moi, si loin que je pourrais partir dans ces valses tristes. Je vois mon esprit dévaler les escaliers, et mon corps qui lui répond. Tu es assis là, je te trouve beau, mais je ne peux pas te regarder vraiment. Comme si j'avais peur d'imploser, puisqu'il y a quelque chose qui gronde de plus en plus fort en moi. J'ai envie que tu m'embrasses comme on boit du vin rouge: et l'ivresse, et le ridicule du tanin au fond du verre. L'appartement est sombre et je voudrais qu'il me dise la nuit infinie, comme toujours. Je voudrais la protection de la nuit et l'absence du temps. Je voudrais que tu viennes, toi, et que tu m'embrasses.

Musique

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Dimanche 2 juillet 2017 à 10:36

Donne-moi la force, donne-moi l’étincelle. Résonne, toi aussi ! J’ai beau crier, il n’y dans cet espace boursouflé que le son du papier qui se froisse. J’aurais voulu me frapper la poitrine, pour y extraire de l’énergie, encore de l’énergie et une forme de certitude. Au bord d’une fenêtre immense, ce sont des milliers de page que je dois écrire et qui partent en fumée. Dans le soubresaut d’un vertige, je me mets à trembler, et les larmes dévalent sous mes yeux, comme sous le coup d’une faute.



Mercredi 24 mai 2017 à 12:13

J’aime l’impression que me font ses bulles qui explosent dans ma bouche. Mes oreilles bouchées, je les entends raisonner, leur crépitement furieux et confus. Je distingue cette sensation que je garde plutôt furtive, à l’instant minime où la gorgée se déroule dans ma gorge. Là, le liquide en flottement, explose, explose en mille nuances imperceptibles.

Je rafraichis les pages d’un navigateur internet à intervalles réguliers, comme si j’y attendais une réponse. Plus qu’un divertissement ou un oubli passager, j’attends quelque chose. J’accumule une mini frustration à chaque nouveau message, en voyant apparaître autre chose que ce que je cherche, sans avoir pourtant d’idée sur la nature de ce que j’attends. Peut-être est-ce le souvenir de quelque chose que je dois faire et dont persiste la vague impression d'un oubli, peut-être le miracle d’une résolution, peut-être une inspiration apaisante, peut-être une forme d’amour, peut-être le moyen plus durable d’une fuite.

Mardi 18 avril 2017 à 15:09

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Dans un élan maladroit, à mi-chemin entre une nostalgie grisonnante et une passion romantique, je vais commander un café dans cet endroit vert et blanc. Installée sur la grande table, comme avant. Je me raccroche aux branches des petites tâches, pour masquer l’angoisse qui monte, qui monte. Pourtant, il y a quelque chose au fond de moi qui me murmure que j’aime ces situations-là. Mes paupières grésillent sous la fatigue et la peur lancinante. Un douloureux appel à l’intense et le goût de ce rythme effréné. Il n’y a pas si peu d’entre-deux entre mes tentatives d’abolir le temps et celle d’embrasser l’impression pressante de son accélération. L’urgence, l’urgence, pour repeindre l’intime et ses nuances. J’écoute un refrain doux et naïf, un peu au hasard. Il y a cette esthétique d’un gouffre que l’on sent se dessiner et l’adrénaline qui parcoure mon corps.

Sur cette grande table en bois, j’aime être entourée de ces inconnues. Les grandes lampes qui descendent mangent la lumière naturelle et donne l’impression qu’il fait déjà presque nuit. J’ai toujours envie de m’en aller. Et chaque minute de plus me paraît une victoire, immédiatement rattrapée par une forme rance de culpabilité. Je voudrais courir. Me baigner ailleurs. Sauter dans un avion, vraiment. Acculée sur cette table rectangulaire, qui se distingue pourtant par sa hauteur parfaitement ergonomique. J’y suis souvent venue pour faire rempart à l’abandon. Et cette rengaine qui m’invite à croire et à y aller, à me plonger dans l’inconnu. Toujours naïve, toujours naïve, mais esthétiquement séduisante, il faut le reconnaître. Pleine d’images de galaxies et d’étoiles, c’est parlant. Elle m’enjoint à me mettre mes peurs au loin, peut-être même à m’en débarrasser. Qui-sait ?

Je m’imaginais à New York, commander un café et du pain complet, comme Patti Smith, et retrouver la sensation grisante d’être perdue dans une ville immense qui se déroule à l’infini, comme autant de possibles. Le centre de Paris est pavé d’endroits connus et trop foulés, peut-être. Réservoir à souvenirs impromptus et chargé d’errances. J’oublie souvent de regarder la lumière à travers la fenêtre. J’ai souvent oublié le printemps. Jevoudrais ortir, en fait. Sentir l’air sur mon visage et les murmures de la rue.

Dimanche 16 avril 2017 à 23:05

Comme un refrain et comme un rêve, tu me regardes autant. Dans une hasardeuse aventure, l'eau coule le long de mon bras nu. J'aurais la langue déliée à ton corps, que je serais toujours là. Un souffle, parfois, pour me réveiller à ces hallucinations. Ta voix résonne au fond de moi comme une respiration indolore. J'ondule mes mains comme autant de vagues, à la surface de ton espace. Dans une nébuleuse sonore, il y a cet éclat qui se reflète intensément. Le rythme doux de ces poussées répétées et cet enchainement charmant. Mes sens et mon esprit répondent dans une ivresse joyeuse. Je voudrais sentir, sentir l'air le long de nos peaux.

Jeudi 6 avril 2017 à 22:27

Je regarde la fièvre me prendre dans ses bras, ma bouche s’ensevelir un peu et je pars, je pars. J'aurais envie de filer, au loin de mon corps et de tout le reste.

Mercredi 29 mars 2017 à 15:31


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Je réécrirais ce que j'ai dit, finalement. Tu fatigues tout le monde. Tu me fatigues et j'en ai marre. De ces monologues que tu m'imposes, sans écho. Peut-être que c'est ce que tu attends, un "ta gueule", lancé à travers le vide. Réveillés au matin par ce portable que j'avais oublié d'éteindre. Et tous ces liens qui m'étreignent. Lâche mon sommeil, s'il te plait. Je manque sûrement un peu de courage. Une forme de tristesse et une curiosité malsaine. Toutes ces fois où il faut t'éloigner encore. Je suis si fragile pour ces choses là. Il faudrait lui dire: "Si tu m'appelles, fais le sincèrement, franchement, et assume."
 
Mais il y a Guillaume, il est là. Dans le corps à corps et l'appel de l'ailleurs. Merci merci merci. Comme une funambule, j'avais les yeux bandés et j'ai rêvé longtemps, à l'intérieur de ta peau. Je te retrouve dans les draps, dans cet appartement là. Je suis emmurée, dans des semaines comme ça. Entourée par ces barres grises, loin du soleil. Mais tu es là, le soir, alors je vais bien, et j'attends que la pression, d'un coup, fasse son oeuvre, pour tout le reste. Je vais tellement mieux depuis que tu es là. Sur le sommeil, sur l'espoir et sur l'envie. J'irai jouer avec nous, t'emmener plus loin, car c'est là où je te perce et que tu me veux. Car je suis celle qui joue, aussi. Je suis cette folie que tu couves et la fragilité lumineuse, que nous portons au plus profond de nous. Tu es l'espoir et je suis l'amour.

Jeudi 23 mars 2017 à 23:45

Si tout cela avait été un film, si nous nous étions moins abîmés, je serais sûrement allée te voir, là-bas, sans rien te dire. Parmi les rangées, mon coeur qui soudain s'emballe. Dans cet environnement presque connu, dans ce quartier si chargé de nous, je serais venue. Il y aurait eu l'assaut des souvenirs, la curiosité et l'angoisse. Peut-être, nous nous serions retrouvés, même un peu. Peut-être, tu m'aurais seulement aperçue. Peut-être,  un entre-deux avec des connaissances communes dont je ne sais plus rien. Si tout cela avait été un film, les années n'auraient rien signifiés et cela aurait été l'occasion d'un retournement final. Nos vies auraient été vides avant. Il y aurait eu nos regards enchaînés, et peut-être tout de suite après, le défilement du générique. 

Pourtant, tout est rance, au mieux, lointain. Et si abstrait. J'ai les souvenirs réécrits et parfois seulement, au gré d'une odeur, je me souviens de toi. Fatiguée, fatiguée, fatiguée, par les débris de notre histoire qui m'ont si longtemps pesés. Des blessures et une intensité vague. Dans mes rêves, tu apparais souvent, mais cela fait longtemps que ce n'est plus toi. C'est un symbole qui pourrait te ressembler, mais qui t'est étranger, au fond. Sur cette mer immense, je commence à comprendre que l'on se recroisera sûrement jamais. J'entends parfois un de tes appels lointains, dans le creux de l'aube. Mais, le sais-tu, toi aussi, que je n'existe plus ? Le sais-tu, ou bien me cherches-tu encore, parfois, dans un éclair de nuit, ou d'ivresse ? Tu parles à un miroir lumineux. Tu me parles en absence, et tu disparais aussitôt.





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Jeudi 16 mars 2017 à 12:00

Je lui dis : « Tu le sais, non ? Que j’ai été très amoureuse de toi…». Je détourne rapidement mon regard. Il ne répond pas tout de suite, il réfléchit en silence, tournant dans sa tête les idées et les mots, comme quand il écrit à la main ses emails avant de les recopier, soigneusement. Je n’aime pas toujours ses silences. Mon esprit creuse à même l’ego et flotte dans l'air l’odeur de la panique. Mais je le comprends mieux, maintenant. Comme on surveille un feu qui pourrait s’éteindre à chaque instant, j’ai appris à anticiper nos peurs, dans ces moments là. Une succession d’espaces courts, sur un fil, et d’envolées à saisir, au bord d’un vide qui ne serait qu’une forme d’ennui, ces conversations banales où je déroule l’avancement de ma vie.

Je m’applique à tourner ma langue dans ma bouche, et j’attends. J’ajoute quand même « Enfin… c’était il y a longtemps, maintenant. ». Je souris un peu nerveusement. J’ai souvent pensé à ce moment-là. J’ai souvent pensé à cette manière de le dire, faussement détaché. Je regarde mes mains, comme pour les ralentir, les empêcher de me traduire. Je résiste à l’envie de provoquer un brusque changement de sujet, qu’il accepterait. Je suis curieuse, bien sûr.

Je l’entends chercher ses mots, s’excuser peut-être, et je l’attends. « Ce n’était pas vraiment de moi », dit-il. « Ce n’est jamais vraiment de l’autre, dont il s’agit » je réponds, très vite, trop vite. Je savais qu’il allait dire cela. La déception me mord quand même l’échine, brusquement. Je soupire. J’ai envie de partir, d’un coup. Ses yeux tournés vers moi, il sourit. Moi, j’ai toujours aimé qu’il me regarde comme ça. C’est sincère, comme une gourmandise. J’ai, à mon tour, des milliers de mots à l’assaut de mes lèvres, et je ne sais pas. Ils résonnent dans mon esprit comme autant de tons, de couleurs, de personnages. Devrais-je me déguiser ? Serait-ce alors un déguisement ? Je lui souris. Lui, je crois qu’il chérit les silences. Dans le calme qui s’apprivoise, l’ivresse des pensées, des sentiments lointains, du bonheur d’être ici et du temps parcouru. Il dit: « Tu sais à quel point je t’admire ».

J’aurais beau avoir repeint toujours les élégances de mes souvenirs, j’ai en toi quelque chose que j’aime. Le miroir est si lointain, et ces espaces immenses, que je ne sens plus grand chose au bout des doigts de ma mémoire. Des mots parfois relus et nos silences renouvelés. Le battement de mon cœur et la continuité du lien, comme ce voyage que l’on construit à même nos peaux.

Je souris, et je saisis mon verre, j’aurais envie d’être ivre, comme pour avoir les moyens de me confronter à cette curiosité-là. Je rougis comme une adolescente (oui, exactement comme avant) et un sourire. Cette chaleur au creux de moi, et puis les mots qui se pressent, les pensées éparpillées, en feu d’artifice. Je ris un peu, « je sais ». Je sais ce regard, je sais. Ses yeux sont fixés en moi comme pour me dire qu’il ne sait pas dire, qu’il faudrait écrire mais qu’il ne le veut pas.

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Lundi 6 février 2017 à 21:19

Une hésitation. Son regard se perdait dans les mouvements maladroits de ses doigts.
J'ai rêvé que tu revenais me dire qu'il fallait recommencer.
Je me souviens de ce mélange de rage et de pitié, et du grand colosse de pierre dans ces paysages fantasmagoriques.
Il y avait un paquebot fantasmé, le désert de mer et cette immense statue, au loin. Ton visage si abstrait et cette naïveté blessante. Toujours, cette impression de pouvoir.


***

Les battements de mon coeur se font parfois plus courts, quand dévalent soudain les souvenirs.

***

Dans l'apaisement d'une matinée qui se réveille, les vagues de la langueur viennent se glisser au creux de moi.



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