Lundi 1er décembre 2014 à 10:33

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Au loin, les arbres sont alignés à l'infini, couronnés de lumières vides
La rue est immense et courre à l'horizon, dans un désert glacé.
J'erre dans des cimetières urbains à la recherche d'un souffle.

Elle marche dans la brume, ce sont des grains de pluie qui viennent couvrir son visage. La chaleur diffuse des grandes vitres blanches vient s’immiscer à ses pieds. Fuyant l’eau qui se glisse au fond d’elle, elle cherche un abri, où le vent ne l’attend pas. Tout d’un coup agressée par cette fine mais insistance présence, elle cherche l’immunité. D’un coup si fragile et exposée, je me mets à courir sans comprendre. Le souffle à l’intérieur de sa gorge se fait humide et son visage se perle. La foule s’éparpille et se dissimule dans les entrées cachées aux bords des rues. La foule s’enfuit du monde et son visage se trouble. Elle ralentit alors, pressée par sa propre respiration. Là foule s’étiole, et je suis là.


Dimanche 16 novembre 2014 à 20:50

Les minutes qui roulent, chérir le temps lové.
A ce moment précis, je me sens bien.

Vendredi 24 octobre 2014 à 21:16


Les détails et les volées de la vie dans ces journées là. Aujourd'hui, cela fait dix ans que mon père est mort, c'était aux alentours de midi. Aujourd'hui, nous avons tenté, mon frère et moi, de joindre ma mère à de nombreuses reprises vers midi. C'était pour tout à fait autre chose. Mais il y avait cette vague d'appels de notre part affichés sur son téléphone lorsqu'elle sortait du coiffeur, aux alentours de midi.

Comme je l'avais senti au fond de moi, ma mère et mon frère ont plus "ressenti" cet anniversaire. Mon frère m'a appelé le matin, alors que je me réveillais - j'avais pris sans vraiment y penser un jour de congé. Il m'appelait pour me dire qu'on lui avait volé son portefeuille. Je lui ai dit de venir chez moi après son cours et que je l'aiderai à m'occuper de tout cela. Je l'ai attendu à midi avec des pancakes tout chaud, je l'ai aidé à commencer les démarches. On s'est retrouvé à passer l'après-midi ensemble, une délicieuse après-midi malgré le passage obligé au commissariat. J'étais assise à côté de lui pendant qu'il portait sa plainte. Il était un peu mal à l'aise et je me rendais compte à quel point il restait encore un petit enfant, parfois. La femme se tournait vers moi quand mon frère s'embrouillait ("Porte de Clignancourt, c'est quel arrondissement?"). Nous avons marchés dans Paris, nous avons beaucoup parlés. Alors qu'il partait, je lui ai dit presque avec entrain "et puis, un joyeux 24 octobre !". Il s'est retourné: "Ca va aller, la journée est déjà passée plus de moitié". La journée était donc lourde à couler, me disait-il.

J'ai eu Maman au téléphone et elle avait une petite voix. Elle avait enchainé les maladresses et les bêtises toute la journée. Je la sentais lasse. "Quelle journée de merde, vivement que ça se finisse". La journée était trainante et lourde, aussi. Amélie, la marraine de mon frère avait proposé de passer la soirée avec elle. Elle avait été beaucoup là ce jour il y a 10 ans et les jours qui suivirent.

Je me retrouvais dans une position un peu similaire à ce jour là, après le pur choc. A m'occuper de Vivien et de Maman, par ce que cela me faisait un peu de bien. Les mots de mon frère sur cette mort et ce jour ne sont pas les mêmes, bien qu'ils disent beaucoup en commun avec les miens (même si les miens, justement j'ai du mal à les cerner vraiment).

J'ai toujours peur de me plonger trop dans ce qui me semble toujours être un abîme. Cette douleur et ce manque, la brisure de l'injustice, de l'absence, les contours du vide. J'ai peur quand je lâche quelque chose au fond du puit et que j'entends ces bruits sourds qui résonnent et reviennent à moi. J'ai peur des larmes, il n'y a pas de demi mesure entre le rien et le torrent qui me broie la poitrine... Je ne sais pas. Je ne sais pas s'il faudrait persister un moment dans l'exploration de ce vide, des regrets et des douleurs qu'il accumule. Les pics vifs lorsque surgit l'évidence impossible, "merde si seulement il était là!" et surtout "mais... il aurait pu être là". Si ce jour là, si juste ces quelques minutes, secondes, si cet instant avait été différent... il aurait été là. L'absence est forte de sa dérision. Il demeure quelque chose d'inacceptable et qui ne sera jamais accepté. Il ne s'agit pas de l'accepter. La rivière contournera toujours de son flux essentielle la montagne qui s'est brisée sur elle, elle ne l'oubliera pas. Peu à peu, l'eau empêchée se trouvera plus forte et tirera de la masse qui fait maintenant partie d'elle une couleur unique.

A force de miroirs, je me laisse à penser sur ce que signifie cet anniversaire. Les messages disséminés par ce jour. L'amour profond et signifié que j'ai pour mon frère et ma mère, la place que cette amputation a chez nous, son rôle et son empreinte sur ce que nous sommes. Il y a quelque chose d'une force qui est ressorti à la mesure de ce sang intérieur répandu dans tout notre être où quelque chose a été arraché, définitivement arraché. Le deuil n'est pas l'oubli, il est au mieux l'acceptation d'oublis de mémoire mais surtout l'acceptation et le travail d'une habitude. L'être demeure arraché, on apprend à vivre avec. Et l'abîme qui se tient là demeure.

L'amour. Force terrible et évidente qui appelle la présence.
L'amour. Renforcée et chérie, investie de l'appel au présent.
Je t'aime Papa
Je t'aime Maman, je t'aime Vivien.

Aux alentours de midi, le dimanche 24 octobre 2004.

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Vendredi 19 septembre 2014 à 11:35


(Un peu de douceur)
Il me faut prendre le temps pour rassembler ce que je suis, recoller les morceaux et constater les errances. Je devrais me poser pour réfléchir à ce qui me plait et que j'aime faire vraiment, les choses qui m'épanouissent et prendre des résolutions. Je suis contrainte par le fait que je ne sais pas où sera mon prochain stage en début d'année prochaine. Mais déjà, si je pouvais me souvenir de ce j'aime faire, de ce qui me plait et d'un peu de ce que je suis. Ca serait bien, j'ai du mal. Cette impression persistante de s'être perdue en route. "[elle] est incapable de nommer le moindre de ses désirs."

Mercredi 17 septembre 2014 à 12:39

J'ai mal aux yeux. Je ne me suis pas démaquillée hier et je n'ai pas arrêté de pleurer de la journée. Je pleurais pour tout, pour rien. Je pleurais de rage, de tristesse, d'émotions et à un moment, j'ai presque pleuré de joie. J'ai du mascara dans l'oeil et les yeux un peu bouffi. Je suis aussi un peu fatiguée. J'aurais aimé pouvoir passer toute la soirée à regarder ma série. J'aurais voulu me couver dans la nuit, me laisser grignoter par la nuit et sa fraicheur, et continuer à regarder, me plonger dans les mots et les écrire, détricoter la pelote et me laisser nager. J'ai encore pleuré par ce que les choses étaient bien peintes et cela m'a fait du bien. J'aimerais avoir le temps pour le faire. J'aimerais avoir le temps. Ce soir-là, hier, j'ai reçu un mail de J. tellement doux. J'ai encore pleuré. J'étais contente. Je voudrais vaincre le vide, avoir le temps pour ça. Maintenant que j'ai tourné la page pour G. je dois appréhender le vide, cesser une facilité (alors même qu'il me renvoie des perches, mais je m'en fous). Je me suis isolée très fortement, à moi de comprendre pourquoi alors même je sens bouffée par ce sentiment de solitude. Comprendre. Et se forcer à se regarder dans le miroir ? Je suis si fatiguée.

Dimanche 7 septembre 2014 à 20:23

"Comment ne pas être touché par ta personne ?" (une amie)

Mercredi 27 août 2014 à 17:08

Quand mon état d'esprit est flou ou que j'en ai peur, j'ai du mal à le formuler "je me sens... je suis ..." les mots peinent à traverser. Puis, d'un coup je me formule la chose. Et la phrase se répète dans mon esprit pour faire résonner son adéquation, elle revient et revient.

*

J'aime chanter. Les villes sont des espaces qui traquent le silence. Mais j'aime chanter dans la rue, aller habiter les murs, les rues vides. Et des phrases se rencontrent, au hasard, et se laissent modeler.

He didn't want to scream around (you)
Il ne voulait pas crier autour de toi (aux alentours), encore un détour pour arriver à toi

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Dimanche 3 août 2014 à 0:02

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Le son est saturé, mes doigts se plaquent et se crispent. Envole-toi, envole-toi? Malgré la lourdeur expressive, je les sens reprendre surface et couler sur le blanc du clavier, et je les sens aller comme une rivière. Je rêve toujours que je joue les morceaux que mes oreilles écoutent, plus ou moins consciemment, plus ou moins fort. Je rêve que je joue, comme pour matérialiser l'énergie qui se glisse dans mon corps, les sons que coulent et rebondissent au fond de moi.

***

La dépression a agit sur moi comme une force annihilante, prenant possession, peu à peu de tout mon être, pour le plonger dans une léthargie profonde. Il s'agissait alors de résister aux assauts répétés de cette masse informe de tristesse. Et à chaque bataille perdue - elles l'étaient toutes, de ce que je me souviens - se voir perdre du terrain et descendre d'un étage. Il m'a fallu alors beaucoup de temps pour comprendre que je ne bataillais pas contre un simple faiblesse mais contre quelque chose qui me mangeait, quelque chose de plus gros que moi. Chasser le "c'est un peu difficile en ce moment, mais ça va, je ne me laisse pas abattre". Peu à peu, se relever devient plus dur et la rage rugit devant l'impuissance, devant tant d'efforts dispensés mais vains alors que l'énergie se fait rare. Et il était impossible de fuir le champ de bataille. Et il était impossible de fuir. On en pouvait qu'attendre, paralysée par la fatigue profonde, les angoisses. On ne pouvait qu'attendre, attendre que le temps passe, ou trouver un échappatoire le temps de quelques heures. Retrouver un peu de bonheur, mais le retour au noir était alors si douloureux. Que fallait-il choisir ? L'oubli et l'attente neutre ou les contrastes douloureux ? En même temps, dans ces instants, j'étais rassurée de me rendre compte de ma capacité à ressentir. Je n'avais pas tout perdu, tout n'était pas perdu, altéré. J'aurais tellement aimé pouvoir hurler, pleurer de désespoir. Je n'étais qu'une attente, une fatigue, et une langueur de plus en plus pesante. Les choses se ternissaient autour de moi. J'essayais de contenir les assauts de noirceurs qui m'assaillaient. Oui, "j'ai pas le temps là, j'ai pas le temps, je peux pas, j'ai pas les armes". Quand la boîte de Pandore finissait pas craquer et s'entrouvrir, je devenais terrifiante de douleur, de noir et de pleurs. J'essayais de tout refermer très vite. Dès fois, il y a eu A. qui me prenait dans ses bras et essayait de me calmer, de répondre à mes questions pressantes, à la marée de mes angoisses. A. vivait un peu la même chose et elle était dans les mêmes gammes d'intensités. Alors quand A. était là, je savais qu'elle avait les épaules, que je ne lui ferai pas (trop) peur. J'essaie de rassembler mes souvenirs, mais tout est brouillé quand j'essaie d'assumer cet angle de vue. Quand je n'extraie pas les moments de vie mais que je tente de voir les élans sous-jacent, la tristesse toujours refoulée, la perte de soi, l'absence à soi qui envahit.

Je voulais retrouver ces souvenirs. J'y peine encore un peu. Je voulais car je réfléchissais à savoir à quel point j'étais effectivement arrivée à m'extraire de tout cela. Je me rends compte qu'il m'a déjà fallu une année scolaire pour me défaire de la peur, me dire que j'étais sortie du lieu (physiquement et matériellement parlant) de la bataille, que je n'étais plus là, que c'était différent. J'ai pris beaucoup de temps à me remettre physiquement de tout cela. J'ai beaucoup dormi, avec un sommeil très troublé, traumatisant et lourd. Et là, à la lueur d'un nouveau réveil froissé - même s'ils se font de plus en plus rare - je pensais au fait que je reste dans une sorte de léthargie. Une léthargie protectrice cette fois. Inconsciemment, je m'isole des choses et des gens, comme si cela pouvait me faire mal. Cela me rappelle mes double sommeil douloureux. Je me réveille, mais en fait je dors encore et je rêve que mon esprit est coincé dans mon corps. Mon corps dort et j'attends la sonnerie du réveil pour qu'il réagisse. mon esprit se débat pour réveiller mon corps avant, il panique à l'idée de se retrouver coincé. Finalement, je me réveille vraiment et la frontière entre rêve et réalité se sont brouillées. Je ne suis plus dans la tristesse à fleur de vie, je ne suis plus dans cette langueur innommable, cette attente de délivrance, cette répulsion constante de tous les assauts de ma douleur mais je ne suis pas pour autant sure d'être réveillée. Je suis à fuir - inconsciemment - toute sorte d'attache. Au début de l'année, je faisais un blocage violent pour tout ce qui était prévu régulièrement. Je détestais l'idée de remplir mon empli du temps avec des choses hebdomadaires. Je me sentais tout de suite mal, le spectre d'une nouvelle prison. Il me fallait du temps, de la liberté, ne serait-ce que sur le papier. Les premières semaines avec beaucoup de travail m'angoissaient. Pas que le travail en soi me dérangeaient mais l'idée que je n'aurais peut être plus de temps me faisait très peur. Alors je dégageais du temps, encore du temps, pour ne rien faire. Organiser des sorties, oui mais pas trop, il me fallait mes plages blanches. L'idée de limite a priori m'a toujours froissé et là le sentiment s'est terriblement accru. Pas plus tard qu'aujourd'hui, j'ai encore eu ce sentiment en regardant - alors qu'elles viennent juste de commencer - quand terminaient mes vacances. L'idée d'un horizon fixe me fait mal.

Je me rends compte que d'une certaine manière je me suis encore assez isolée, d'une autre manière. Dans une optique protectrice cette fois. J'ai quand même beaucoup de choses, j'ai passé beaucoup de temps avec mes amis mais au fond, je me demande si je n'ai pas encore peur. Peur de la vie, par ce qu'elle pourrait rouvrir la boîte de Pandore, par ce que ça sera peut être quelqu'un, par ce que je ne me maîtrise plus et je sors de tout cela totalement floue à moi-même. La dépression a fait sur moi l'effet d'une léthargie, dont je ne suis pas encore réveillée. Chaque espace de soi est à reconquérir, à réveiller, à rassurer. J'ai peut être juste, inconsciemment, peur de ce que je peux y retrouver.

Mais je commence en essayant d'aller à la rencontre de mes souvenirs de l'année dernière.
Et à continuer à retrouver la parole.

(Mon envie irrépressible de voyage: la recherche d'un terrain neutre et isolé pour refaire l'expérience de soi en "sécurité" ?)
 

Vendredi 25 juillet 2014 à 23:30

"Les étoiles, murmura-t-elle, les étoiles ! Elles tombent, regarde !" Que disait-elle ? Au loin le ciel était noir, perpétuellement noir. Dans la nuit, seul le bruit de la vi(ll)e et celui du vent se faisaient entendre. Elle restait assiste, prise d'enthousiasme: "Les étoiles, elles tombent et viennent s'enrouler dans le vent ! Je les vois !"

Vendredi 18 juillet 2014 à 16:39

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L'année tout doucement s'est décantée, variations de perspective.
J'ai regardé l'année dernière et ses déchirures. Je me suis souvenue de cet été là,
a bout de souffle, à bout d'énergie, à bout de tout
Je me suis souvenue de l'angoisse et de mon esprit écrasé
Du temps qui s'étire et vient murmurer à l'agonie
Des poussées d’adrénalines salvatrices
Je me souviens de l'ennui et de la peur qui coule
L'année doucement a avancé, et j'apprends à recoller mes morceaux
Au long des lignes claires
La mélodie qui dort, s'éveille parfois
Dans l'obscurité lourde des appels profonds
Dans le retour au calme, il faut retrouver le soleil.


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