Mardi 24 juillet 2018 à 14:38

J’ai le cerveau enfoui. Je suis prise d’une envie d’hurler, mais ce que je sens c’est ce poids, comme une enclume, sur ma poitrine. Je voudrais que tu sois là et que tu me consoles. Je voudrais que les choses soient simples et qu’il soit léger de se promener ensemble, même au bord du gouffre.

Je sens mes émotions qui traversent mon corps, comme des ruisseaux déchaînés. Je sens mon corps parcouru. Je sens comme un rythme fort et les assauts de l’angoisse. Je détache par lambeaux les épaisseurs de ma culpabilité, de mes peurs, de mon amour pour toi. Tu sais, moi aussi j’ai envie de sauter le pas. C’est justement par ce que je veux pouvoir penser au-delà d’un abstrait proche que j’ai besoin que tu fasses face à ces tabous qui me font peur. Je te sens proche, ta peau contre la mienne, mais mes paroles qui viennent parfois mesurer les barrières si étendues par lesquelles tu te protèges de ce dont tu as peur. J’ai peur des dunes qui lâchent, car je sais ce que ça fait. J’ai vécu la défense pénétrée et la panique qui monte. Je voudrais que tu regardes au-delà des tours pour me prendre plus volontairement la main.

Pourtant, je sais que rien ne laisse présager. La mer est douce. Calme ne serait pas un bon terme pour décrire ce que je ressens pour toi car au contraire, je vis l’intensité comme une forme de valeur. La mer est douce. Mais je peux voir comment se dessinent les morsures des vagues immenses que la rumeur réveille d’un coup. Alors je te dis « j’ai peur que cela vienne un jour nous briser ». J’ai peur car je vois les rivages s’éloigner encore et ma main plonger dans la tienne. J’ai peur car je te connais, je te sens, porté par l’élan de l’eau, penser au fond de toi que l’horizon toujours peut être absolument sans pénombre. Je ne parle pas des avaries conjoncturelles que tu as appris à encaisser, je parle des rougeoiements que la profondeur agite, de te parle de ces moments où ce sont les fondations qui grondent soudain. Et s’il faut le formuler comme ça, je te parle de me rassurer, je te parle de ce que j’ai besoin moi pour comprendre l’au-delà de l’instant.  

Je sens mes sens fatiguer et mon esprit céder contre la vague.

 

Je voudrais rentrer et me coller contre toi. 

 

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