Mardi 22 octobre 2019 à 16:53

Dans les alentours, le ciel est approfondi par ces aplats de nuages, dont les couleurs viennent dessiner les contours et se parer des miroirs du soleil. Face à l'horizon, la colline surplombe la mer; il y a une hauteur. Une femme se tient là. Ses longs cheveux noirs descendent sur ses épaules. Elle me regarde, ses grands yeux bruns comme des reflets.
D'un coup, sa poitrine part légèrement en avant, comme un spasme, une pulsation immense. J'entends la musique qui me courre le long des doigts. Son bras trace un demi-cercle et dans un mouvement lent, il danse. Ses pieds se décollent à peine. C'est comme si l'ombre de sa main allait se plonger dans l'eau. Elle me raconte la nostalgie, le courage et l'espoir. Elle m'encourage de son chant à peine perceptible. C'est comme si elle soulevait ma douleur, comme si elle portait sa main sur la mienne, comme si son sourire venait, comme une vague, briser la barrière qui me sépare du monde. Son corps se soulève encore, de cet élan clair et vif qui la fait presque basculer et résonne dans l'infini. C'est presque comme si l'on pouvait en voir les échos. Le vent qui bruisse dans l'herbe humide murmure comme une prière.
Je sens le son parcourir ma peau et je cherche à entendre les mots qui s'y glissent. Dans l'intensité qui me presse, il y a des reflets d'images qui se dérobent et filent à toute vitesse. De ce flux, il ne reste qu'une silhouette, cette silhouette, dominant l'océan silencieux.
Attends-moi.
Je voudrais lui parler, c'est trop rapide pourtant, ou bien suis-je trop lente. Les phrases jamais ne se concluent et les mots viennent s'échouer sur mes lèvres. Il ne reste que la palpitation étouffée de son corps qui danse, et du mien, qui se fond parfois dans le sien, au basculement de cette pulsation. Je tends les mains vers elle, les épaules qui se baissent, pour lui ouvrir encore, la surface de mes paumes. Un rythme qui me prend tout entière, un mouvement qui me paraît soudain si clair.
Mon amour, mon amie, mon éclat.
Mon cœur s'accélère encore, et creuse au fond de moi. Je n'arrive pas à saisir le sable de vent que je sens glisser entre mes mains. Son contact et sa caresse m'apaisent, pourtant. Ma tête se lève lentement, je voudrais pénétrer l'infini, je voudrais me noyer encore dans ses yeux bruns, je voudrais l'atteindre.
Je suis toujours là.
A l'horizon, les larmes ne sont que des instants que l'on oublie.

欲 - Yuki Hayashi
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