Lundi 9 septembre 2019 à 17:33


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Je voudrais savoir, moi, pourquoi je m'assèche si vite. Je voudrais comprendre où est ce que l'énergie me coule entre les doigts. J'ai l'illusion tenace que l'horizon jamais ne voudra se dégager, qu'il continue une ronde intense autour des envies de mort, et la fatigue. Arrogée aux miroirs, perdue parmi les reflets et les brisures de verre, je voudrais cesser de me frapper encore. La plante de mes pieds m'apparaît mieux ancrée, pourtant, mais ce sont des flous qui m'entourent toujours et me prennent le cou, les mains, le cœur, dans un mouvement asphyxiant qui me rappelle au doute. Dans le marais entier des souvenirs que l'on brasse, des phrases qui nous blessent, il y a cette peur intime qui toujours renaît. C'est un écho qui s'assourdit seul, s'amplifiant d'un même souffle depuis la fin du mois d'août. Je me retourne et demande "pourquoi viens-tu comme ça ? Que dois-tu me dire?" mais il ne me reste que l'amertume d'un sentiment absurde, que la question classique et modeste du sens que l'on cherche partout, sans jamais le saisir.

Je voudrais savoir, moi, entendre dans mon cœur l'impression d'une note que l'on chante enfin juste. Mes yeux sont secs comme un bouquet de lave, dont la poussière vient glisser en hauteur de paupière. C'est un ballet que j'entame, quand mon esprit résonne au-dedans de moi. L'alternance est épuisante; c'est une vague enchâssée qui tourne entre des cris au monde et des fixations précises, que l'on dirait futiles. Parmi les images au-delà des temps, au-delà des mondes et des jours enlevés, je recherche des harmonies hâtives et justes, comme on aime boire encore les paroles qui nous bercent. Hier, j'ai cru percevoir notre odeur à travers l'appartement. J'ai toujours aimé les familles qui avaient une odeur, les maisons et les appartements que je reconnaissais par l'alchimie stable et précise d'un parfum. Si je ne parviens pas à me sentir, je suis amoureuse de ton odeur et j'ai pu faire connaissance, rapidement, avec la nôtre, comme on rentre d'un voyage. Il y a cette distance, d'un coup, d'un visage que l'on ne peut jamais réellement voir et qui nous apparaît, soudain. Le rituel est en marche, et je vide les valises. Je sens ta présence et tes lèvres contre moi, au plus près de moi, se glisser dans ma peau. Ta joie qui pétille m'apaise encore et encore et je voudrais rester longtemps dans tes bras nus et doux.
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Chuchoter à l'oreille









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